lundi 3 mars 2014
Et in terra pax …
| Dehors, pluies de rage, de terreur, de déstruction qui dépassent l'entendement des gens «normaux», En sécurité, bien à l'abri Derrière un confort rassurant. Mais pouvons-nous honnêtement nous étonner De ce que d'atroce se passe entre peuples Ennemis jurés depuis longtemps? N'avons-nous jamais été les auteurs, les acteurs D'un drame joué entre deux êtres qui s'aiment Et qui soudain se déchirent cruellement- Parce qu'un sourire espéré, Un regard de compréhension, Un geste affectueux, une parole de consolation N'ont pas été donnés au bon moment? Ne nous est-il pas arrivé de fermer les yeux, Le coeur devant une âme en peine, Devant ses larmes de désolation, de refuser Par orgueil une main tendue en quête d'apaisement? De nous enfoncer nous-mêmes, De pousser l'autre encore et encore plus Dans la tourmente d'un attachement Oui ne se manifeste plus que par ses manquements? Et nous exigeons de ceux qui ne connaissent Que la haine- attisée de l'exterieur par des tiers Sans scrupules, se disant «neutres», Mais qui en profitent materiellement- De laisser enfin règner la Paix sur la terre ... Maria Busnot, Paris, Noël 1993. |
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Espoir
Désespérance
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Etranger- venu d'un lointain pays d'Orient- Misérable, atrocement seul, abandonné sur ce quai de Métro pourtant bondé, recroquevillé, blême, les mains emprisonnées entre des genoux si maigres, à moitié dénudés. Que de souffrance sans fin sur ton visage émacié, que de vide criant dans tes yeux noirs creusés semblables au gouffre sans fond, à la p'o rte murée. Par quel enfer es-tu passé? Quelle atroce réalité t'a déjà à ce point détruit, laminé alors que ta vie d'homme vient juste de commencer? Sous quels cieux maudits as-tu croisé le Diable qui sous prétexte de vouloir leur Bien a martyrisé, exterminé tes semblables? Dans quels abîmes es-tu tombé pour percevoir la vérité à travers les horreurs où tu étais plongé: qu'en défendant une Cause juste, on peut se tromper? A quel prix, dans ta lutte pour la Cause, as-tu réalisé qu'elle était aussi déstructrice, dépourvue de pitié que celle qu'il s'agissait d'éradiquer? Combien aimerait-on te venir en aide, te soulager! Mais la main secourable est retenue, empêchée par la peur d'être à son tour contaminée aspirée par l'enchaînement infernal, dése's pérée qui a fait de toi ce que tu parais - un damné. Maria Busnot. Paris, novembre 1993. |
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Des mots dans le vent
Les mots sont emportés par le vent.
Ils tremblent dans le plus léger
bruissement des feuilles.
Ils restent authentiques
tant que tu leur ouvriras l'oreille,
ton coeur et aussi ta bouche.
Ils sont sans âge, toujours neufs,
chargés de tonalités secrètes,
de connaissances anciennes
et d'interprétations contemporaines.
Le mot juste,
le signe valable,
celui qui est équitable et qui convient,
celui qui dit ce qu'il veut exprimer,
tu devras le chercher
pour le trouver.
Traduction Maria Busnot.
Dans les ténèbres
Coupables
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Le soleil d'Homère luit-il aussi pour nous? Non, car alors toute faute n'était Que le destin imposé par les dieux Et non pas culpabilité personnelle. Innocents, ils devinrent coupables, Oedipe et les siens. Cependant, ils se soumirent à leur destinée, Tel que l'oracle l'avait décidée Et le supportèrent comme faute Aux conséquences mortelles. Mais nous, nous sommes les héritiers de Rome Oui courbés sous les fourches caudines Savons ce qu'est la faute. Nous nous trouvons au pied de la croix Chaque Vendredi Saint. Traduction Maria Busnot |
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